
Le typhus est une maladie particulièrement grave et épidémique quand les conditions socio-économiques sont désastreuses : camps de concentration durant la 2e guerre mondiale, guerres et famines...
Elle a été la cause de grandes défaites militaires : Napoléon perdit 500 000 soldats en 1812 à cause du typhus...
Charles Nicolle est né à Rouen en 1866. C’est sous la pression d’Eugène Nicolle, son père, médecin des hôpitaux, que Charles Nicolle s’est tourné vers les sciences physiques et naturelles. En 1903, il se rend à Tunis pour y diriger l’Institut Pasteur, fondé 3 ans plus tôt dans cette ville. Il y restera jusqu’à sa mort en 1936. Le typhus sévissait alors en Tunisie. La propagation du mal était inconnue.
Charles Nicolle avec son esprit d’observation toujours en éveil remarque qu’un typhique, lavé et nettoyé à son entrée à l’hôpital, pouvait être placé dans une salle commune sans transmettre l’affection tandis que dans son milieu habituel, il aurait presque sûrement contaminé ceux qui auraient vécu à son contact. La contagion, en conclut Nicolle, ne doit pas s’effectuer directement, mais par un intermédiaire. Voilà comment il raconte son intuition :
Document 1 :
« Un jour, un jour comme les autres, un matin, pénétré sans doute de l’énigme sur le mode de contamination du typhus, n’y pensant pas consciemment toutefois (de cela je suis bien sûr), j’allais franchir la porte de l’hôpital lorsqu’un corps humain, couché au ras des marches m’arrêta. C’était un spectacle coutumier de voir de pauvres indigènes atteints de typhus, délirants et fébriles, gagner d’une marche démente, les abords du refuge et tomber exténués, aux derniers pas. Comme d’ordinaire, j’enjambais le corps étendu. C’est à ce moment précis que je fus touché par la lumière. Lorsque l’instant d’après, je pénétrais dans l’hôpital, je tenais la solution du problème. Je savais sans qu’il me fût possible d’en douter, qu’il n’y en avait pas d’autre que celle-là. Ce corps étendu, la porte devant laquelle il gisait m’avait brusquement montré la barrière à laquelle le typhus s’arrêtait. Pour qu’il s-y arrêtât, pour que, contagieux dans toute l’étendue du pays, à Tunis même, le typhique devint inoffensif le bureau d’entrée passé, il fallait que l’agent de la contagion ne franchit pas ce point. Or que se passait-il en ce point ? Le malade y était dépouillé de ses vêtements, de son linge, lavé, rasé. C’était donc quelque chose d’étranger à lui, qu’il portait sur lui, dans son linge, sur sa peau qui causait la contagion. Ce ne pouvait être que le pou. C’était le pou, cet insecte insignifiant en apparence qui se nourrit de sang. Ce que j’ignorais la veille, ce que nul de ceux qui avaient observé le typhus depuis le début de l’Histoire (car il remonte aux âges les plus anciens de l’humanité) n’avait remarqué, la solution indiscutable, immédiatement féconde ; du mode de transmission venait de m’être révélé. »
Document 2 :

L’agent du typhus (Rickettsia) a ensuite été identifié (document 2) : il se reproduit uniquement à l’intérieur de cellules ce qui explique son mode de transmission. Le typhus peut actuellement être soigné grâce à l’utilisation d’antibiotiques de la famille des tétracyclines.
1- Indiquez quelle est la barrière naturelle au niveau de laquelle le virus est arrêté.
2- Expliquez comment s’effectue la transmission d’un individu à un autre.
3 -Calculez la taille réelle de l’agent du typhus et précisez à quel groupe de micro-organismes appartient ce microbe. Justifiez votre réponse.
4- Pendant très longtemps, les chercheurs se sont trompés quant à la nature de ce microbe : montrez que deux caractéristiques du microbe les ont conduit à une erreur que vous préciserez.
5- Indiquez quelles mesures permettaient d’éviter la contagion à l’hôpital et donnez un nom à ce type de mesures destinées à éviter la contamination.