
La fièvre puerpérale est le résultat d’une infection de l’utérus avec des complications qui peuvent concerner l’appareil urinaire, puis les poumons : elle est contractée par les femmes au moment de l’accouchement. Le traitement consiste à injecter des antibiotiques.
Document :
Ignace Philippe SEMMELWEIS (1818-1865) est né à Bude en Hongrie. En février 1846, il devient médecin assistant de la première clinique d’accouchement de l’hôpital général de Vienne, dirigé par le Professeur Klein, nommé directeur en 1833. Avant cette date la mortalité par fièvre puerpérale est faible pour l’époque : 1,25 % (837 décès sur 71400). Klein admet les étudiants en médecine en nombre à la clinique : la mortalité par fièvre puerpérale flambe (7 %). Une division du service est confiée aux seuls étudiants : la mortalité atteint 9,5 %. L’autre division, confiée aux sages femmes, voit sa mortalité tomber à 2,6 %. En 1842, la mortalité s’élève à 18,3 % et certains mois à 30 %.

Un vent de panique secoue la ville, et lorsqu’elles apprennent leur admission à la clinique du Pr. Klein, les femmes « supplient à genoux » qu’on les envoie ailleurs ou préfèrent accoucher à la maison où le taux de mortalité est plus faible.
Semmelweis incrimine les médecins. Il remarque que s’exhalent des relents cadavériques des mains des professeurs, assistants, étudiants qui pratiquent des dissections sur les cadavres dans une salle, puis se rendent au chevet des femmes en train d’accoucher dans la salle voisine. Tout s’éclaire lorsque le Pr. Kolletschka, ami de Semmelweis, meurt d’une blessure au doigt au cours d’une autopsie.
À partir de 1847, il interdit aux étudiants en médecine de quitter les salles de dissection sans s’être lavé les mains avec une solution de chlore : la mortalité passe de 12,24 à 3,04 %. Il étend ses recommandations à toute personne ayant été au contact d’une malade, d’instruments de chirurgie ou de pansements, ordonne l’isolement des femmes malades : la mortalité tombe à 1,24 %.
Mais Klein, homme médiocre, licencie Semmelweis de son service le 20 mars 1849 en déclarant : « Monsieur Semmelweis prétend que nous transportons sur nos mains de petites choses qui seraient la cause de la fièvre puerpérale. Quelles sont ces petites choses, ces particules qu’aucun œil ne peut voir ? C’est ridicule ! Les petites choses de Monsieur Semmelweis n’existent que dans son imagination ! »
En mai 1851, Semmelweis retourne dans un hôpital désaffecté de Hongrie où il applique sa méthode avec succès. En 1865 au cours d’une autopsie, il se pique avec un scalpel comme son ami Kolletschka. Accident ? Suicide ? Il mourra quelques jours plus tard à la suite d’une infection bactérienne généralisée dans la clinique psychiatrique où il avait été hospitalisé.
Expliquez quelle est l’hypothèse faite par Semmelweis pour expliquer l’infection des accouchées. Relevez un de ses arguments.
Indiquez pourquoi le professeur Klein n’accorde aucun crédit aux affirmations du professeur Semmelweis.
Indiquez quel est le type de micro-organisme impliqué dans la fièvre puerpérale. Justifiez votre réponse.
Expliquez, en utilisant vos connaissances, comment le micro-organisme peut toucher l’utérus puis les poumons.
Recherchez quelle est la première mesure préconisée par Semmelweis pour éviter la fièvre puerpérale et précisez à quel ensemble de méthodes couramment utilisées actuellement elle appartient.