Les Crapauds fous - Classiques et Contemporains

Classique pédagogique
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Visuel interview Mélody Mourey

Entretien avec Melody Mourey

Pour la collection « Classiques & Contemporains », Mélody Mourey a accepté de répondre aux questions de Josiane Grinfas, auteure de l’appareil pédagogique du titre Les Crapauds fous.

Le théâtre permet de donner vie chaque soir aux personnages, à leurs peurs, à leurs espoirs, et de partager toutes ces émotions en temps réel avec le public…

Josiane Grinfas : Comment avez-vous découvert la folle histoire de ces « crapauds fous » ?

Mélody Mourey : Je faisais des recherches sur les grandes inventions qui ont marqué l’histoire de la Pologne pour écrire un article dans la revue de culture générale L’éléphant. J’ai alors découvert que le vaccin contre le typhus avait été inventé dans ce pays et qu’il avait permis à deux médecins de sauver des milliers de vies pendant la Seconde Guerre mondiale…

J.G. : Est-ce parce que les deux jeunes médecins polonais de la pièce ont réellement existé que vous avez choisi un art vivant – le théâtre – pour raconter leur histoire ?

M.M. : Oui ! Le théâtre permet de donner vie chaque soir aux personnages, à leurs peurs, à leurs espoirs, et de partager toutes ces émotions en temps réel avec le public… Les acteurs racontent l’histoire avec talent, énergie, enthousiasme, et rendent ainsi hommage aux héros qui ont existé. Les décors, les costumes, les musiques, les danses, apportent quant à eux de la féérie, de la fantaisie et de l’émotion. L’imaginaire des spectateurs fait ensuite le reste : on peut passer d’un bar new-yorkais à un village de Pologne en tournant un décor ou avec une simple réplique…

J.G. : Vous avez choisi la comédie pour représenter un moment tragique de l’histoire. Pourquoi ?

M.M. : Certains sujets sont si lourds et si tristes qu’il est parfois trop difficile d’en parler. La comédie permet de prendre un peu de distance et elle n’empêche pas pour autant de réfléchir, de se souvenir… Bien au contraire !

J.G. : Qu’est-ce qui vous touche le plus chez Eugène et Stan : leur insoumission, leur humanité, leur folie ?

M.M. : Tout cela à la fois ! Je trouve magnifique que, dans les moments les plus sombres, certains parviennent à se battre pour ce qui est juste alors que la peur devrait les inciter à suivre la masse et à se soumettre aux injustices. Lorsque l’aventure commence, Eugène et Stan veulent surtout aider Micha, un ami qui ne supporte pas l’idée de retourner dans un camp de travail. Ce n’est qu’après ce premier acte de résistance qu’Eugène se dit que « si nous prenons ce risque pour un proche, nous devons aussi le faire pour les autres »… C’est ce basculement qui me touche le plus, ce moment où il se décide à réaliser l’impossible non plus par amitié, mais pour sauver le plus de vies possibles, par humanité.

J.G. : L’audace de ces deux personnages est-elle, selon vous, liée à leur jeunesse ?

M.M. : Elle est liée à leur anticonformisme. Il y a des « crapauds fous » de tous les âges, bien sûr, mais c’est le propre de la jeunesse, en effet, de questionner et de remettre en cause l’ordre établi, peut-être parce qu’on ressent plus fortement les injustices quand on n’a pas eu le temps de s’y habituer…

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